La violence politique en Tunisie

By
Association Tunisienne d'Études Politiques (ATEP)
Collection
Les Conférences de l'ATEP
Publisher
Association Tunisienne d'Études Politiques (ATEP)
Release Date
Number of Pages
162
ISBN
N/A

La Tunisie était un pays réputé pour sa stabilité sous Bourguiba, puis pour son immobilisme sous Ben Ali. La révolution du 14 janvier a constitué une rupture à ce sujet. La révolution est elle-même,  comme toute révolution, une forme de violence, même si elle a été relativement pacifique en Tunisie. Mais elle a eu son lot de morts.

La violence était présente dans la première phase de transition sous le gouvernent Essebsi. Il y avait autant de violence dans les agitations et manifestations à caractère économique, social et professionnelle (grèves, occupations de bâtiments ou d’entreprises, sit-ins, séquestrations) que dans les manifestations à caractère politique (comme les sit-ins de Casbah 1 ou de Casbah 2). Mais à ce stade, la violence n’était pas dramatique, elle était gérable, même si l’instabilité et la confusion prévalaient.

(…)

Si la violence n’est pas absente des débats et des manifestations  des régimes politiques elle est canalisée et vigoureusement réprimée dans les démocraties. Les mouvements violents confondent d’ordinaire démocratie et faiblesse. La Tunisie est même devenue, au même titre que ses voisins immédiats,   un terrain stratégique pour les terroristes talibans.
Il reste à savoir si la violence est en Tunisie une excroissance de la révolution ou de l’islamisme et si l’impunité, le laxisme des autorités  et l’insécurité ne sont pas, en eux-mêmes, une invitation à sa consolidation ? Est-il possible de concevoir une constitution sous la menace permanente de la violence? La montée de la violence risque-t-elle encore à la longue de conduire à l’effacement de l’État? Les interventions et les débats des VIème Conférences de l’ATEP vont nous le démontrer ?