Le thème du Congrès de Madrid 2012: La réorganisation du pouvoir face à des frontières en mutation

Dans un monde en pleine mondialisation, le pouvoir se redéfinit un peu partout, ouvrant la voie au changement.

  • L’entrée en scène de nouveaux acteurs sur la scène mondiale est manifeste dans le G-20, les pays du BRIC et les relations Nord-Sud.
  • Les changements climatiques et la crise financière ont transformé la dynamique mondiale.
  • La gouvernance transnationale adopte de nouvelles configurations; la réforme des Nations Unies, l’Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) et le Marché commun du Sud (Mercosur) en forment des exemples.
  • Au sein des États, la décentralisation du pouvoir s’accroît au profit de la reconnaissance des entités sub-étatiques.
  • De plus en plus, les fonctions de l’État sont confiées à des joueurs non étatiques ainsi qu’à des organisations non gouvernementales (ONGs) et subissent l’influence du fonctionnement d’une société devenue mondiale.
  • Des changements marquants touchent la vie sociale modifiant, entre autres, le rôle des hommes et des femmes et la définition de la famille.
  • Les clivages religieux sont loin de s’estomper et pourraient se transformer en vecteurs importants de conflits politiques et sociaux.
  • Le modèle westphalien des relations interétatiques est insuffisant lorsque vient le temps de composer avec les difficultés de la gouvernance mondiale. D’où l’importance du dialogue entre le monde de la science politique et celui des relations internationales.

L’État-nation concentre encore la majeure partie du pouvoir, si l’on songe aux élections, aux politiques publiques et aux négociations internationales, mais il fait face à de nouvelles difficultés. L’exercice du pouvoir n’est plus nécessairement associé à un territoire. Les frontières et les limites territoriales sont moins bien définies qu’elles ne l’étaient.

Les frontières peuvent être géographiques, sociales, culturelles, religieuses ou économiques. Il nous faut comprendre la manière dont elles sont créées et perçues. Chaque frontière est une expression du pouvoir et de son exercice, ce qui fait naître des enjeux d’ordre normatif touchant surtout la justice, les divisions entre les secteurs public et privé et, à l’échelle planétaire, les relations entre le Nord et le Sud ou le Sud et le Sud. Le débat entourant le caractère central de la confiance dans la vie sociale et politique est relancé.

La façon dont nous envisageons ces questions dépend en partie des hypothèses et des méthodes de notre discipline. Nous devons repenser notre façon de conceptualiser le pouvoir en ce qui a trait, par exemple, aux questions de légitimité, de souveraineté ou de gouvernance mondiale par opposition au pouvoir local. Les frontières qui divisent notre discipline et la séparent des autres domaines se redéfinissent. Les questions d’espace et d’échelle occupent une place encore plus prépondérante dans les réflexions en science politique. De quels nouveaux outils ou nouvelles démarches multi-méthodes aurons-nous besoin pour nous adapter à ces changements? La science politique est appelée à jouer un rôle important en éclairant les choix qui seront créés par la refonte du pouvoir.

Les thèmes principaux du Congrès sont:

Nous vous invitons à faire part de vos recherches sur la réorganisation du pouvoir et la mouvance des frontières lors du Congrès mondial de l’Association internationale de science politique, à Madrid, en 2012.